La lettre de Bail Art novembre 2021

« ET MES YEUX AUSSI FONT DE LA LUMIERE
VOUS DEVRIEZ PRENDRE UNE OMBRELLE »[1]

 

Le regard peint : un guide ? Une absence ou une présence? Lieu d’expression, il est ce qui nous lie. Ou nous délie. Il reflète l’état de plusieurs sujets : celui qui crée, celui qui est représenté et celui qui contemple.


Regards de personnages admoniteurs au sein de retables ou peintures d’histoire ; regards joueurs, comme celui de La Joconde ; regards aveugles, tel celui du Vielleur au chien de Georges de La Tour (1620) [2] ; ou encore regards absents, comme ceux des personnages de Gideon Rubin, l’artiste peint la présence qu’il souhaite.


Que le sujet représenté nous regarde ou non, il est là. Dans sa fuite, comme dans sa frontalité. Il ne peut rien faire d’autre que d’être en face de nous, même lorsqu’il nous tourne le dos. Même lorsqu’il a toute la profondeur perspective du monde pour fuir. Il est là, sur la surface plane du support, dans sa matérialité. L’espace du spectateur est empli de ce plan, la vue de la peinture lui ouvre l’esprit.


Créateur et spectateur s’arrêtent un instant, suspendus. Nos yeux se promènent alentour et leurs champs ne sont plus les mêmes. Le regard poursuit son chemin et croise nos lieux intérieurs avec ceux du tableau.

 

Mahault de Raymond-Cahuzac

 

[1] Pierre Albert-Birot, La Joie des Sept Couleurs (extrait)
[2] Philippe Beaussant, Georges de La Tour. Le Vielleur au chien, Invenit Editions, 2011. 

 

Image : Odilon Redon, Les Yeux clos, 1890, Musée d’Orsay. © Photo: Mahault de Raymond-Cahuzac

 

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